Tourisme spatial : Artémis 2 s’envole (enfin) vers la Lune
2 avril 2026 Michel Messager Aucun commentaire À la une Artemis 2, Etats Unis, Jared Isaacman, Lune, Nasa 2771 vues
Près de soixante ans après la mission Apollo 11, qui avait vu Neil Armstrong et Buzz Aldrin exécuter les premiers pas de l’Homme sur la Lune, une fusée a décollé aujourd’hui 2 avril à 0 heure 35 (heure française) depuis le Kennedy Space Center en Floride vers le satellite naturel de la Terre, devant plus de 400 000 touristes venus assister à ce lancement historique.
« C’est une marche importante sur la route vers un retour de long terme sur la Lune et à des missions vers Mars » a indiqué la Nasa.
Rappelons que cette mission Artémis 2, se fait sous la pression implicite de la Chine, qui ambitionne de marcher sur la Lune d’ici 2030.
La fusée et le vaisseau
Le Space Launch System (système de lancement spatial), abrégé SLS, est un lanceur spatial super-lourd américain développé par la NASA depuis 2011 et dont le premier vol a eu lieu le 16 novembre 2022.
Haute de 98 mètres et non réutilisable, le coût unitaire d’un lanceur SLS est de 2,2 Md$ et le rythme de production du SLS est limité à un par an jusqu’en 2030.
Par ailleurs le SLS devrait restreindre son usage aux seules missions Artemis et notamment pour établir progressivement une base sur le sol lunaire, théoriquement pour s’en servir de tremplin pour aller plus loin.
L’intérieur de la capsule Orion offre un volume habitable de 9 m3 environ, c’est dans cet espace que les quatre astronautes évolueront donc une dizaine de jour.
La mission
La mission se compose de différentes étapes.
– Première étape : après le décollage, au bout d’une vingtaine de minutes les panneaux solaires d’Orion, de fabrication européenne, se déploieront et commenceront à alimenter le vaisseau spatial.
Puis environ trois heures après le lancement, Orion se séparera de l’étage supérieur de la fusée et stationnera en orbite terrestre pendant environ 24 à 25 heures et mènera diverses vérifications et manœuvres pour s’assurer de la fiabilité et de la sécurité du vaisseau.
– Deuxième étape : si ces tests sont concluants, le vaisseau quittera alors l’orbite terrestre et poursuivra sa route pour un voyage de trois ou quatre jours vers la Lune.
– Troisième étape : arrivé près de la Lune, le vaisseau Orion en fera le tour et les astronautes, qui deviendront alors les êtres humains à s’être le plus éloignés de la Terre, commenceront leurs observations pour permettre à la Nasa de choisir le meilleur site d’alunissage pour Artémis 4.
Pour information, le survol de la face cachée de la Lune ne durera pas plus de 3h30.
– Quatrième étape : voyage retour qui durera trois ou quatre jours et amerrissage, le vaisseau étant freiné par de puissants parachutes, dans le Pacifique, au large de la Californie.
Il est important de rappeler que la mission n’est pas sans risques : le vaisseau n’a jamais transporté personne et doit rejoindre la Lune à plus de 384.000 kilomètres de la Terre, soit 1 000 fois plus loin que la Station spatiale internationale.
Rappelons aussi la capsule Orion filera à plus de 40 000 km/h à son retour… C’est presque deux fois plus rapide que lorsque les astronautes rentrent de l’ISS !
L’équipage
L’équipage est composé de quatre astronautes : trois Américains et un Canadien.
– Le commandant de la mission sera l’américain Reid Wiseman. Agé de 50 ans, il est ancien pilote d’essai de la Navy et ex-chef astronaute de la Nasa. A son actif une mission de 165 jours dans la Station spatiale internationale (ISS).
– Le pilote, Victor Glover. Agé de 49 ans, il sera le premier Afro-Américain à voyager jusqu’à la Lune. A son actif une mission dans la Station spatiale internationale.
– Christina Koch, américaine de 47 ans et ingénieure de formation deviendra la première femme à participer à une mission lunaire. Elle détient le record du plus long vol spatial continu effectué par une femme (328 jours) et a participé à la première sortie dans l’espace 100 % féminine.
– Le Canadien Jeremy Hansen, ancien pilote de chasse de 50 ans, sera le bleu de la mission, puisqu’à cette occasion il volera pour la première fois dans l’espace.
Un cinquième membre fera aussi partie de l’équipage, à savoir la peluche « Rise » qui aura pour rôle de détecter la microgravité lorsque l’équipage aura franchi la gravité terrestre.
Les objectifs
Par cette mission, la Nasa veut s’assurer, que tout fonctionne parfaitement avant de tenter un alunissage en 2028 lors de la mission Artémis 4.
Cette mission doit confirmer le succès du précédant test à vide de la fusée et du vaisseau en 2022.
A noter que contrairement à l’époque d’Apollo, la Nasa collabore cette fois avec d’autres pays, notamment européens, et le secteur privé dont les entreprises SpaceX et Blue Origin qui sont en train de travailler sur les futurs alunisseurs.
Soulignons que cette échéance de 2028, fait encore douter de nombreux experts car les astronautes auront besoin d’un alunisseur… qui est toujours en cours de développement par les entreprises des milliardaires Elon Musk (SpaceX) et Jeff Bezos (Blue Origin).
Pour conclure et pour montrer l’impact médiatique que peut avoir cette mission Artémis 2, le nouveau patron de la NASA, nommé récemment par Donald Trump, Jared Isaacman, promet : « Je vous le garantis, cette année, vous verrez plus d’enfants déguisés en astronautes pour Halloween que vous n’en avez vus depuis longtemps. »
Michel Messager
Sur le même sujet
6,2 milliards malgré la guerre
Dans le monde de l’aviation commerciale, il y a les bonnes années et les...
Vers un Rail Suisse-Londres : l’Alliance Historique entre CFF, SNCF et Eurostar
Le rêve d’une traversée ferroviaire sans correspondance entre les Alpes et la Tamise franchit...
Ca bouge dans le transport aérien
Le mouvement est une des caractéristiques du transport aérien, et c’est bien normal. Mais...








