Le continent Africain en marche vers le Tourisme Spatial
7 septembre 2026 Michel Messager Aucun commentaire Pays Accords Artemis, Afrique, Alhamdou Ag Ilyène, Maram Kairé, Roscosmos, senegal, tourisme spatial, Youri Borissov 2154 vues
En marge du Forum SMSI 2026, qui s’est tenu du 6 au 10 juillet dernier à Genève, en Suisse, le ministre malien de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène, avait évoqué « la perspective de la mise en place d’une agence spatiale au Mali ainsi que le développement de capacités satellitaires avec le Burkina Faso et le Niger. »
Cet événement montre bien l’espace n’est plus la chasse gardée des majors que sont les USA, la Chine et la Russie et à un degré moindre, l’Europe et l’Inde. De plus en plus de pays s’intéressent au spatial et notamment l’Afrique.
Pour comprendre cette démarche africaine, reprenons une partie de l’intervention de Maram Kairé, président de l’Agence sénégalaise d’études spatiales, en juin 2024 à la Cité de l’espace à Toulouse, à l’occasion du congrès de l’Union astronomique internationale et rapporté par le journal La Tribune du 2 juillet sous la plume de Florine Galéron :
« C’est un réveil pour le continent et le spatial est devenu une ambition africaine. Pendant longtemps, on a estimé que le spatial coûtait cher, était technologiquement inaccessible aux Africains et que le continent avait d’autres préoccupations plus urgentes ».
Mais en regardant les objectifs de développement durable fixés par les Nations Unies, on peut remarquer que les pays les plus avancés
sont ceux qui ont misé sur le spatial.
Cela a conduit à cette prise de conscience que cette activité pouvait soutenir les urgences auxquelles doit faire face l’Afrique.
L’Afrique est une terre d’agriculture par excellence et en utilisant les données satellitaires, il est possible d’accroître la productivité du continent de façon considérable.
Les satellites de télécommunications peuvent faciliter l’enseignement à distance. Dans le domaine de la santé, le paludisme reste la maladie qui fait le plus de victimes à travers le monde, et plus particulièrement sur le continent africain.
Grâce aux satellites, il est possible d’identifier les zones dotées d’eaux stagnantes et polluées, et les proliférations de moustiques qui conduisent au développement de ces épidémies.
Cette déclaration justifie que depuis ces vingt dernières années le lancement d’une quarantaine de satellites depuis le continent africain.
Désormais, l’Afrique ne veut plus être un spectateur mais devenir un acteur dans le domaine du spatial.
Aujourd’hui, au moins 21 pays africains disposent désormais d’un programme spatial et 18 ont déjà lancé au moins un satellite.
L’Agence spatiale africaine (AfSA), inaugurée au Caire, en Égypte, en avril 2025, coordonne ces initiatives.
Les États africains consacrent désormais environ 500 millions de dollars par an à leurs programmes spatiaux, selon le Centre africain
d’études stratégiques (ACSS).
Plus de 120 satellites supplémentaires seraient en cours de développement pour un lancement d’ici 2030.
Rappelons quelques dates qui montrent la volonté et la montée en puissance du continent africain en matière de spatial :
– En janvier 2019, l’Union africaine (UA) entérine la naissance de l’Agence spatiale africaine (AfSA) dont le siège est basé au Caire, dans la Space City. Elle est constituée de 55 pays africains.
– En février 2020, Djibouti annonce la création de la première base de lancement spatial en Afrique.
– En avril 2023 s’est tenu à Abidjan en collaboration avec la Commission de l’Union Africaine et le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique de Côte d’Ivoire la conférence ‘’NewSpace Africa 2023’’.
Celle-ci avait pour objectif de rassembler les leaders de l’industrie, des universités, des agences spatiales et autres parties prenantes essentielles pour partager des idées pour la croissance de l’industrie spatiale africaine.
– En juin 2023, Humbulani Mudau, directeur de l’agence spatiale sud-africaine indique que « Les pays africains ont l’intention de mettre en place une agence spatiale conjointe avec un siège au Caire pour coordonner les programmes spatiaux ».
De plus, l’Afrique du Sud a invité les pays des BRICS à la coopération spatiale.
– En septembre 2023, le responsable de l’agence spatiale russe Roscosmos, Youri Borissov est venu en Algérie (troisième puissance spatiale d’Afrique) afin de développer la coopération dans les domaines des technologies spatiales et l’exploration de l’espace à des fins pacifiques.
Cette ambition se matérialise par exemple avec le lancement réussi, le 6 décembre 2023, du satellite MisrSat-2 par l’Égypte.
– Le vendredi 16 août 2024, le Sénégal franchi une étape historique en envoyant dans l’espace son premier satellite conçu et fabriqué par des ingénieurs sénégalais.
– Le jeudi 24 juillet 2025, le Sénégal signe les Accords Artemis, devenant ainsi le 56ᵉ pays au monde – et l’un des rares du continent africain – à intégrer cette initiative internationale.
Comme on peut donc le constater, le continent africain veut profiter de l’avènement du New Space où les satellites sont miniaturisés, les coûts réduits et la technologie accessible à ses universitaires ou à ses ingénieurs.
Le continent africain est désormais en train d’entrer de plein pied dans le spatial avec ou sans l’appui et la collaboration de la Chine et la Russie.
Affaire à suivre…
Michel Messager
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