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Des bottes de motos, un blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos

Les « blousons noirs » représentent la première véritable subculture jeune en France, marquant une rupture brutale avec les générations précédentes. Apparus à la fin des années 1950 et dominant les années 1960, ils ont jeté les bases de la rébellion adolescente moderne avant de s’effacer ou de muter durant les années 1970.

Turbulents et chaleureux

Le terme « blouson noir » est initialement une étiquette journalistique (apparue suite à un fait divers en 1959) pour désigner une jeunesse urbaine, souvent issue des classes populaires et des grands ensembles en construction.

Ce sont principalement des fils d’ouvriers, des apprentis ou des jeunes travailleurs.

Ils se sentent exclus de la prospérité des « Trente Glorieuses » et rejettent l’autorité patriarcale, l’école et l’armée.

Leur uniforme est copié sur les icônes du cinéma américain comme Marlon Brando (L’Équipée sauvage) ou James Dean (La Fureur de vivre).

Il se compose d’un blouson de cuir noir (souvent le Perfecto), d’un jean (le « blue-jean » alors marginal), de bottes de moto ou de chaussures à semelles compensées, et d’une coiffure gominée avec une « banane ».

La bande-son de la rupture : le Rock ‘n’ Roll

Ils vénèrent Elvis Presley, Gene Vincent, Eddie Cochran et Chuck Berry.

C’est une musique jugée « sauvage » et « immorale » par la France conservatrice de l’époque.

Très vite, des figures locales émergent pour adapter ce son. Johnny Hallyday à ses débuts (le « pénitencier », l’idole des jeunes), Vince Taylor (le plus authentique à leurs yeux), Eddy Mitchell et ses Chaussettes Noires, ou encore Dick Rivers et Les Chats Sauvages.

La musique se consomme au Juke-box dans les bars de quartier ou lors de concerts souvent mouvementés qui se terminent parfois en bagarres générales contre la police ou entre bandes rivales.

Sur quelles motos roulent-ils ?

La moto est l’instrument de leur liberté et de leur virilité. Elle permet de s’approprier l’espace urbain et de se déplacer en bande.

Les grosses cylindrées (pour les plus aisés) dont les marques britanniques qui règnent en maîtresses. On retrouve la Triumph Bonneville, la Norton Commando ou la BSA.

Ces machines symbolisent la puissance et la vitesse.

Beaucoup commencent sur des « tasses » (50 cm³) qu’ils bricolent pour augmenter les performances.

La Flandria, Malaguti ou la Paloma sont très prisées pour leur look sportif.

À la fin des années 60 et dans les années 70, l’arrivée massive des motos japonaises (Honda, Kawasaki) change la donne, offrant plus de fiabilité et de vitesse, ce qui fera évoluer le mouvement vers celui des « bikers » ou des « loubards ».

La transition des années 70

Dans les années 70, l’esthétique « blouson noir » évolue.

Sous l’influence du film American Graffiti et d’un certain renouveau nostalgique, on commence à parler de « Rockers ».

Parallèlement, une partie de cette jeunesse se politise ou bascule dans la culture « Loubard », immortalisée plus tard par les chansons de Renaud (cuir perfecto, mobylette trafiquée et argot de banlieue).

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